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JEAN MARAIS |
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Par quel miracle avez vous quitté votre résidence de Vallauris pour les FOLIES BERGERE ? Quand on m'a appelé pour me demander si je voulais interpreter le berger de L'ARLESIENNE mise en scène par Roger LOURET j'ai tout de suite accepté! Je connaissais Roger LOURET apres être passé à Monclar, sa ville natale, le berceau de sa famille. C'était il y a une dizaine d'années, lors d'une NUIT DU THEATRE. J'allais jouer BACCHUS au château de Bonnaguil. Huguette, sa maman, nous avait si gentiment recus... J'ai le souvenir de gens extraordinaires. De là, à penser qu'un jour nous travaillerions ensemble... Vous aviez quand même suivi leur travail a PARIS ... J'ai vu au moins quatre fois "LES ANNEES TWIST"...Alors quand on m'a fait part du désir de Roger de travailler avec moi, je n'ai pas hesité. Maintenant que nous travaillons ensemble, il m'epate davantage. Je l'entends nous indiquer ce qu'il veut aux répetitions, je le regarde faire : c'est vraiment un grand metteur en scene de théâtre, je suis en admiration. L'arlesienne...vous connaissiez bien ? Je l'avais vu jouer il y a une quinzaine d'années aux Iles de Lerins avec Fernand Ledoux et Louise Comte. C'est une pièce extraordinaire. A chaque fois que je la lis, je pleure à chaudes larmes. Je trouve que c'est une excellente idée de la remonter. Notre société manque de repères, ne sait plus ce qui est le bien, le mal. Là, il faut compter avec une vertu tombée en desuetude aujourd'hui : l'honneur. Et puis les personnages sont très beaux, animés d'un amour fantastique...Comme Vivette qui est prête à ne pas montrer ses sentiments tellement elle aime Frederi. Vous sentiez-vous fait pour jouer Balthazar ? Je savais que c'était fait pour moi...l'âge...les cheveux blancs...Dès que j'ai appris qu'on me voulait pour ce rôle, je me suis fait pousser la barbe ! C'est peut-être un peu pretentieux, mais je me sens toujours proche d'un personnage qu'on me propose d'interpreter. Sans doute parce qu'un comedien veut être tous les personnages. Et jouer aux FOLIES BERGERE... Jouer dans ce qui fut le temple légendaire du music-hall, des paillettes, je trouve ca d'un cocasse...A l'image de ma vie. Et impressionnant , non, ce lieu ou tant de grands noms ont défilé... Rien ne m'impressionne. Je prends les choses en souriant. Et la vie me sourit. A tel point que je me dis que c'est pas juste d'avoir une chance comme ça...Si, si ! |
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