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Jean Marais Bernadette Lafont Catherine Lara
Distribution Générique artistique


CATHERINE LARA
Daniel Patchenko - Chorus - Septembre 1996.
On croit généralement bien connaître Catherine Lara. Artiste médiatisée depuis ses débuts, elle a participé à toutes les grandes émissions télévisées, dessinant un personnage de femme moderne et énergique, une « bête de scène » passionnée de musique, une manière de " rockeuse symphonique " ayant su opérer la synthèse entre sa culture classique et son goût du rythme, rock en tête. Le tout symbolisé par un violon électrique, brandi à bout de bras pour exhorter la foule.

Comme toujours ou presque, la personnalité réelle de l'intéressée s'avère infiniment plus complexe et nuancée qu'il n'y paraît. Comme presque toujours, aussi, elle a largement contribué elle-même à cette réduction d'image que les lois du marketing et les VRP télévisuels du moment ont rendue quasiment incontournable. Par un effet pervers bien connu, cette popularité a détourné d'elle tout un public - notamment les partisans de la chanson dite "à texte" - qui l'a dès lors rejetée en bloc. 0r, si l'on peut critiquer telle ou telle période de sa carrière (et elle-même ne s'en prive pas), on ne peut contester l'authenticité de la démarche d'une saltimbanque venue vers les gens par amour de la musique, et restée dans la musique par amour des gens ; ce qu'elle appelle « communiquer » et qu'elle a découvert il y a vingt-cinq ans, grâce à Claude Nougaro.

Démarré sur ce coup de coeur, l'itinéraire chansonnier de Catherine Lara s'est tissé de rencontres et d'expériences multiples, avec la part de réussites et d'échecs que cela comporte. Sans doute, les huit auteurs principaux ayant écrit pour elle ont-ils suscité d'inévitables phénomènes de redondance, chacun voulant cerner un même essentiel avec sa propre patte ?

Sans doute, comme son ami Max (Le Forestier), s'est-elle ici ou là « laissée embarquer » par tel ou tel musicien ; elle qui, au fil des années, aura joué avec les meilleurs... Ce fut toujours pour la bonne cause, celle de sa création, jamais par calcul. Et son évolution apparaît finalement très logique : période classique, contre-pied total rock, fusion des deux. Autrement dit : thèse, antithèse et surtout synthèse, quand tant d'autres en sont restés à la prothèse.

Dernière qualité et non des moindres, qui a une répercussion implicite sur les auteurs qu'elle inspire : Catherine Lara parle vrai. Sans ostentation ni prosélytisme, elle vit sa vie, assume sa différence. Sous les calembours énormes qu'elle affectionne et les lieux communs chers au fastfoodmédiatique qu'elle laisse filer, perce de plus en plus une femme généreuse et sensible, qui aimerait bien se débarrasser de temps en temps de sa panoplie officielle de rockeuse, fût-elle de diamants.

Son évolution générale, au plan personnel comme au plan artistique, permet en tout cas de penser, à présent qu'elle a atteint l'équilibre si longtemps recherché entre ses racines classiques et sa sève rock, qu'une nouvelle époque Lara vient de s'ouvrir.

A suivre, donc.
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