Francis Lemaire : l'inoubliable "Oeil de Perdrix" (et "Oeil de Lynx") au coté de Michel Simon, lors
de la création de Du Vent dans les branches de Sassafras. L'inoubliable "Oeil de Lynx" (et "Oeil de Perdrix")
au coté de Jean Marais, lors de la reprise, une vingtaine d'années après, de ce fabuleux "western de chambre".
Entre ces deux pôles magnétiques - déploiement de plumes, hache de guerre, cris de Sioux-, et après, et maintenant, de
merveilleuses métamorphoses: rôles multiples, marquants et variés, aussi bien à la scène qu'à la télévision, qu'il remplit jusqu'à ras bord.
C'est un bonheur de compter Francis Lemaire dans un spectacle - et pour ceux qui l'entourent et pour l'auteur, que celui-ci soit mort ou qu'il ait décidé de rester
vivant. En sus de son talent de comédien, il apporte en effet, par sa présence, une santé, une gaité tout à fait salubres.
Talent de comédien, rare, nourri de sa propre sensibilité, de ses propres réflexions, mais conduit avec rigueur et servi par l'instinct le plus sûr. Ah! il n'est
pas de ces "acteurs pensants", lesquels nous encombrent à tout instant de leurs états d'âme, des moiteurs de leur précieuse presonne!
Ce n'est pas lui qui répondrait à un metteur-en-scène, si ce dernier lui demandait de s'asseoir dans tel fauteuil (je fus témoin de cet évènement):
-"Je ne peux pas, ce mouvement n'obéit pas à mon rythme intérieur". Lui, se contente de jouer. Comme jouent les enfants, c'est à dire avec tout le sérieux,
l'aération, le respect et l'ardeur que mettent les enfants lorsqu'ils s'adonnent à leurs jeux. En y apportant un métier, une conscience professionnelle qu'accompagnent
naturellement les vertus d'humilité.
Oui, cher Francis, vous êtes l'honneur de la profession, l'honneur des Verviers (vous y êtes né, paraît-il), l'honneur des planches, l'honneur des cintres.
L'honneur des presbytères (vous en habitez un paraît-il) de vos pairs, l'honneur de votre mère.
J'ai bien l'honneur !
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