Quatre revues traversèrent la période
de guerre. Elles étaient interprétées, outre
Dandy, par Boucot, le vétéran, Reine Paulet, Viviane
Gosset, Claudette Fleuriot, la révélation, entrée
comme petite danseuse et promue vedette, enfin, le tour de chant de
Charles Trenet, intégré, en 1944 dans la Folie du rythme.
En 1949, c'est de Joséphine qu'il est essentiellement question.
La "reine" des Folies à quarante-trois ans, Féeries
Folies est sa revue d'adieux à la scène qui, en 1926,
avait fait d'elle l'une des vedettes les plus adulées de Paris.
En 1952, vint Yvonne Ménard : "Une self-made-woman",
dit Derval. Entrée aux Folies par la petite porte, engagée
comme simple mannequin, bref "femme nue". Nita Raya, ex-partenaire
et compagne de Chevalier, prend la relève en 1955 dans "Ah
! Quelle Folie !".
Pour la rentrée d'Yvonne Ménard, Derval offre, en 1958,
Folies Légères. Maurice Rapin, critique au Figaro, se
montre déçu : "Il est à craindre que si
Paul Derval ne se décide pas à engager un auteur, un
metteur en scène et un chorégraphe - M. Gyarmathy n'est
rien de tout cela - les Folies Bergère ne finissent par perdre
de leur prestige." Il ne souffle mot de la vedette. Pas plus
qu'il ne parlera de Nita Raya, lorsque celle-ci jouera Folies chéries
: "On aurait pourtant aimé que le ton fut rehaussé
par une vedette ou par une grande attraction nouvelle". Et quand,
en 1964, Yvonne Ménard revint mener sa troisième revue,
le même Rapin constata : "Yvonne Ménard et Franca
Duval se partagent le spectacle. cette dernière fait là
des débuts remarquables. Mais il serait injuste d Ôoublier
Marlène Charell, qui se révèle une charmante
et dynamique fantaisiste".
Le 20 mai 1966 sont célébrées
en la chapelle de Saint-Honoré-d'Eylau les obsèques
de Paul Derval né Alexis Pitron d'Obigny de Ferrière.
Le directeur des Folies avait quatre-vingt-six ans. Durant quarante-huit
ans, il régna sur le plus prestigieux des music-halls français.
Antonia Derval, dont la direction ne s'était jusqu'alors exercée
que sur les ateliers de couture du théâtre, succéda
à son mari. En 1968, elle fit représenter pour célébrer
le centenaire de son établissement Et vive la Folie, revue
rétrospective traçant l'histoire des Folies. Pas de
vedettes, mais toujours l'avalanche de décors, costumes, broderies,
plumes et paillettes.
En 1972, J'aime à la Folie clôt l'impressionnante
liste des revues produites par les Derval.
En août 1974, Mme veuve Derval transmit ses
pouvoirs à Hélène Martini ; vingt-cinq ans auparavant,
elle avait été mannequin aux... Folies Bergère
! Cette nouvelle maîtresse des lieux, réunit les qualités
propres à maintenir encore en activité le tout dernier
music-hall de l'histoire, demeuré fidèle à la
tradition.
Pendant près de vingt ans, elle maintient le style et la tradition
et créée "Folie je t'adore", "Folies
de Paris" et "Folies en folie". Mais, en 1993, consciente
que l'esthétique purement clinquante n'est plus de mise et
que les Folies Bergère (nées en 1886, à la fin
du siècle et à la fin d'une époque) devaient
évoluer avec le siècle, avec les aspirations des spectateurs
et l'imagination des créateurs, Hélène Martini
décide de rompre avec le passé passéiste et présente
le nouveau spectacle de Alfredo Arias.
Dès septembre 1993, avec "FOUS DES FOLIES"
les Parisiens retrouvent la tradition du spectacle musical, populaire,
leste et léger. La devise des Folies : “Etre et rester
le plus célèbre music-hall du monde“ est respectée.
Le pari est tenu, et ce spectacle d’une incroyable inventivité
ramène ce lieu mythique au temps de ses heures de gloire. Deux
fois nominés aux Molières 1994, Fous des Folies accueille
plus de 250 000 spectateurs. C’est le début d’une
nouvelle ère pour les Folies Bergère. il restera 13
mois à l'affiche.
Treize mois plus tard (encore le chiffre 13 !) elle
ouvre ses portes à Roger Louret, et présente LES ANNEES
TWIST consacré Molière du Meilleur Spectacle Musical
1995.
30 Janvier 1996 : "LES Z’ANNEES ZAZOUS",
et..., encore une fois, une nominations aux Molières 1996 !
28 Janvier 1997 : L'ARLESIENNE de Alphonse DAUDET
- Mise en scène de Roger Louret - Musique de Georges BIZET
- Arrangements de Catherine LARA. Deux monstres sacrés du théâtre
et du cinéma réunis autour de la compagnie Roger Louret
pour le chef d'oeuvre de Alphonse Daudet : JEAN MARAIS et BERNADETTE
LAFFONT viennent, à leur tour, s'inscrire sur la longue liste
des grands noms qui ont brillé au fronton des FOLIES BERGERE.
Ce spectacle marquera malheureusement la dernière apparition
sur scène de Jean Marais.
16 Septembre 1997 : NINE spectacle musical de MAURY
YESTON et ARTHUR KOPIT - Adaptation française Eric-Emmanuel
SCHMITT - Mise en scène : Saverio MARCONI. Inspiré de
"Huit et demi" de Fellini, NINE raconte la vie d'un réalisateur
de cinéma Italien, et des femmes, toutes les femmes, qui ont
traversé sa vie. La Femme, Les femmes, Ses femmes, vont être
les musiciennes d'un orchestre qu'il dirige mentalement dans le monde
qu'il se crée. Un monde de délires qui se croisent dans
sa réalité du moment.
18 février 1998 : FAME : depuis sa création
à Londres en 1995, le spectacle est devenu le symbole de la
jeunesse battante et gagnante. Pour Paris, le choix des 40 artistes
a demandé près d'un an d'auditions à Miami. FAME
est devenu un classique du genre... il était normal que les
FOLIES accueillent ce spectacle mythique.
26 mai 1998 : La France entière se prépare
à la coupe du monde de foot-ball... Qu'à cela ne tienne,
les femmes ne resteront pas sur la touche. Elles auront, elles aussi,
leur part de réjouissances ! Dans une chorégraphie dynamique
signée WALTER PAINTER, l'un des Maîtres de Broadway,
le spectacle n'était pas à la télé mais
aux Folies Bergère. Depuis toujours, les hommes sont venus
à Paris des quatre coins du monde voir les revues qui ont fait
sa réputation. Des spectacles sensuels, dansés et chantés,
artistiques mais toujours réservés aux plaisirs masculins.
Avec les CALIFORNIA DREAM MEN les femmes ont pu enfin goûter
aux fruits jusqu'alors réservés à leur partenaire
et scruter avec malice l'effeuillage de ces beaux Messieurs.
22 Septembre 1999 : Les Folies retrouvent la Compagnie
Roger Louret avec LA FIEVRE DES ANNEES 80. Pour revivre ces années
"T shirts et Jeans basket", et cette irrésistible
envie de chanter, de danser, de s'éclater... en un mot de vivre.
Pour revivre la fièvre d'une fin de siècle (et de millénaire)
où toute une vague de nostalgies relèguent les bons
vieux vinyles à la préhistoire pour les remplacer par
le C.D. Avec la Fièvre des années 80, Roger Louret raconte
ces années là... les tubes Disco, Reggae, Punk, Ska,
New wave, Rap... Une fois encore le spectacle est nominé pour
le MOLIERE DU MEILLEUR SPECTACLE MUSICAL. |