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130 ANS D'HISTOIRE |
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FOLIES BERGERE … treize lettres qui évoquent depuis un siècle et demi, et dans tout les pays, l'un des plus prestigieux music-halls du monde. Car c'est aux FOLIES BERGERE, qu'au 19ème siècle, il y a presque 150 ans est née la première revue de music-hall. |  |  |
Vouée au divertissement cette salle de spectacle va devenir le modèle du genre. Née à la veille de la guerre de 1870, cette scène que rien ne prédisposait pourtant à devenir le symbole de la vie parisienne et du plaisir à la française, a présenté, de la belle époque à nos jours, toutes les étoiles d'un art difficile et populaire, toutes les musiques, toutes les modes d'un siècle riche en bouleversements et mutations de toutes sortes…
Interrogez autour de vous, vous trouverez toujours quelqu'un pour vous raconter la soirée qu'il passa au FOLIES BERGERE. Consultez l'histoire des lieux et vous y verrez défiler toute l'histoire du music-hall, toute son histoire et toute sa légende.
MAUPASSANT sera un spectateur du promenoir qu'il décrit dans 'Bel Ami', COLETTE y sera 'petite femme nue', suivie par Denise GREY… et Jacky SARDOU qui y commença sa carrière comme danseuse à 16 ans.
MANET peindra en 1881 l'un des plus célèbres tableaux impressionnistes : 'Le Bar des Folies Bergère', et la BELLE OTERO y paraîtra en scène, revêtue de deux parures inestimables qui avaient appartenu… à l'Impératrice EUGENIE, à l'Impératrice d'Autriche.
FEYDEAU écrira la suite des aventures de la Môme Crevette dans 'La Duchesse des Folies Bergère' et LEO MALLET écrira un roman policier 'Enigme aux Folies Bergère' dont l'intrigue a pour cadre les FOLIES.
Un soir de 1911 CHARLIE CHAPLIN, WC FIELDS et STAN LAUREL paraîtront ENSEMBLE sur la scéne de la rue Richer, et c'est BENNY HILL qui aura la vedette au cours d'une série de représentation à LONDRES.
MISTINGUETT, MAURICE CHEVALIER, JOSEPHINE BAKER, YVONNE PRINTEMPS, ont starisé le Grand escalier…
CHARLES TRENET, FERNANDEL, ou JEAN GABIN ont chanté sur cette scène mythique !
En 1957 HENRI VERNEUIL consacre un film aux FOLIES BERGERE avec EDDY CONSTANTINE, ZIZI JEANMAIRE et NADINE TALLIER…qui nétait pas encore Baronne de Rotchild!
DALIDA utilisera l'un des décors de Michel GYARMATHY pour tourner un clip pour les 'scopitone', et Claude LELOUCH y tournera 'Les uns et les autres'.
Plus récemment, c'est le cadre des FOLIES que THIERRY ARDISSON utilisera pour ses émissions.
La revue née sur cette même scène, obtiendra, pour la première fois de toute son histoire, une nomination aux MOLIERES avec 'Fous des folies' en 1994.
Pendant plusieurs années, la compagnie ROGER LOURET tout en animant 'Les Années Tubes' à la télévision obtiendra un Moliére avec 'Les Années twist' et une nomination pour le meilleur spectacle musical avec 'La Fièvre des Annes 80' ou 'Les Années Zazou'.
C'est toujours aux FOLIES que Jean MARAIS paraîtra pour la dernière fois en scène !
C'est encore aux FOLIES BERGERE que Valérie LEMERCIER fait sa rentrée en 2000, suivie en 2001 par MARIANNE JAMES qui a choisi les FOLIES pour ses adieux irrévocables.
Avec les Champs-Elysées et la Tour Eiffel, les quelques mètres carré de la scène des FOLIES BERGERE incarnent inlassablement les mythes d'une époque, les rêves éternels de publics pourtant sans cesse renouvelés. |  |
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La naissance des Folies: du moine paillard à Nana... en passant par la Comédie-Française ! |  |  |
Au XVIe siècle, on trouvait à l'emplacement du 32 rue Richer, des champs traversés par une petite rivière appelée: la Grange-Batelière (cette même rivière qui, devenue souterraine, passerait toujours sous le grand foyer et qui, selon les auteurs du Fantôme de l'Opéra passe sous l'Opéra Garnier). On raconte que le terrain appartenait à un moine qui, afin d'obtenir l'absolution de son péché de gourmandise et le pardon de son penchant pour le bon vin, légua sa propriété à l'hospice des Quinze-Vingts que St Louis avait crée en 1620.
Pendant le XVIIe et au début du XVIIIe siècle ces champs furent exploités par des maraîchers, et, vers 1863, avec les grands travaux du baron Haussmann, les maraîchers laisserent la place aux maisons d'habitation et au commerce. C'est ainsi qu'à l'origine, bien avant d'être un music-hall, ce bâtiment fut un grand magasin spécialisé dans la literie, et baptisé 'Aux Colonnes d'Hercule'. Très vite il fut surnommé 'Au sommier élastique'.
Mais, il faut croire qu'il ne fit pas de très bonnes affaires, puisque, 4ans plus tard, dès le mois de décembre 1867 un journal annonçait l'édification d'une nouvelle salle de spectacle à la place des Colonnes d'Hercule. Sous la direction de l'architecte Plumeret, inspecteur des bâtiments de la couronne, les travaux, qui furent très onéreux, durèrent jusqu'en avril 1869.
Il est fort probable que l'on doive indirectement l'ouverture des Folies Bergère à une sociétaire de la Comédie-Française: Mme Cornelie. En effet jusqu'en 1867 les théâtres étaient très protégés, et il était formellement interdit, sous peine d'amendes sévères de se costumer, de danser ou d'utiliser des accessoires, en dehors de ceux-cis. Mais, en 1867, Mme Cornelie, sociétaire de la Comédie Française, souhaita se produire dans un café concert. Est-ce parce qu'elle était très liée avec un ministre, ou bien parce qu'elle était une excellente interprète des vers de Corneille ou de Racine... En tout cas le ministre décida d'abroger la loi !
Ainsi naquirent les premiers cafés-concerts, et cafés-chantants où l'on pouvait danser, se costumer, chanter, dire des textes devant un décor, comme dans un théâtre.
Comme l'explique le QUID, Folies désignait, depuis la fin du XVIIIe, les 'maisons de plaisance', créées sous la Régence par la haute noblesse, pour des fêtes nocturnes avec concerts, spectacles et ballets [étymologies proposées : 1o) caprice entraînant de folles dépenses ; 2o) foglia (du latin folia, feuille), car la noblesse napolitaine construisait ses retraites à la campagne].
A Paris, les plus connues, en 1789, étaient les Folies Méricourt, Folies St-James, Folies Richelieu, Folies Beaujon, Folies Regnault (la Roquette), qui donnèrent leur nom à leur quartier.
La mode, depuis 1830, était de baptiser les salles de spectacle du nom de 'Folies' suivies du nom du quartier où elles se situaient (Folies Dramatiques (1830), Marigny (1848), Nouvelles (1852), Saint-Antoine (1865). Initialement, le premier directeur M. Boislève avait donc pensé baptiser sa nouvelle salle de spectacle 'Folies Trévise', du nom de la rue de Trévise toute proche, où se situait l'entrée des artistes. Mais le Duc de Trévise s'opposa formellement à ce que son nom soit associé à une salle de spectacle!
Afin de ne plus rencontrer ce type de problème, M. Boislève renonça aussi à baptiser sa nouvelle salle du nom des rues 'Richer' et 'Geoffroy-Marie', qui conduisaient à son théâtre, puisqu'elles aussi, portaient des noms de famille. Et c'est ainsi que l'on choisit le nom de la rue Bergère, toute proche, qui, elle, avait l'énorme avantage de ne pas porter le nom d'une famille !
C'est donc pour cela que 'FOLIES BERGERE' s'écrit sans 'S' à Bergère puisqu'il s'agit des Folies de la rue Bergère et non pas des folies de plusieurs bergères ! |  |
 Formule hybride entre le café, le concert, et le théâtre, les Folies-Bergère accueillaient une clientèle interlope qui buvait, fumait, discutait, s'amusait, circulait du hall au promenoir et du bar à la salle sans discontinuer.
Malheureusement le succès ne fut pas au rendez-vous et. pendant la guerre de 1870 la salle changea de destination et elle fut utilisée pour y tenir des réunions politiques. Elle retrouva sa destination première en 1871 lorsque Léon Sari, un grand directeur qui avait fait fortune en dirigeant un théâtre du boulevard du temple, décida de la racheter et d'entamer de nouveaux travaux. Il ajouta d'abord un promenoir puis il fit aménager un immense jardin d'hiver sur le terrain vague qui se trouvait avant l'entrée de la salle et en septembre 1872 il inaugura ses nouvelles Folies. |  |
 Désormais le public pouvait aller et venir entre la salle, le jardin d'hiver, le bar et le promenoir (assidûment fréquentés par des dames de petite vertu...). Sacrifiant à la mode orientaliste le jardin d'hiver était particulièrement spectaculaire: 'Le jardin, avec ses galeries du haut, ses arcades découpées en de grossières guipures de bois, avec ses losanges pleins, ses trèfles évidés, teints d'ocre rouge et or, son plafond d'étoffe à pompons et à glands, rayé de grenat et de bis, ses fausses fontaines Louvois, avec trois femmes adossées entre deux énormes soucoupes de simili bronze plantées au milieu de touffes vertes, ses allées tapissées de tables, de divans de jonc, de chaises et de comptoirs tenus par des femmes amplement grimées, ressemble tout à la fois au bouillon de la rue Montesquieu et à un bazar algérien ou turc… avec une vague senteur en plus de ces estaminets-salons ouverts dans l'ancienne banlieue et ornés d'orientales colonnades et de glaces. Ce théâtre, avec sa salle de spectacle dont le rouge flétri et l'or crasse jurent auprès du luxe tout battant neuf du faux jardin, est le seul endroit de Paris qui pue aussi délicieusement le maquillage des tendresses payées et les abois des corruptions qui se lassent.' (Joris-Karl Huysmans - Croquis parisiens - 1880) |  |
 C'est le début du succès pour les Folies Bergère. Manet peindra en 1881 l'un des plus célèbres tableaux impressionnistes: 'Le Bar des Folies Bergère' (en réalité les trois bars étaient placés dans le jardin artificiel du rez-de-chaussée, et par conséquent, d'aucun de ces bars on ne pouvait voir la salle, le public, ni même leur reflet...), et Maupassant dans son roman 'Bel Ami' y décrira: 'rien que des bourgeois avec leurs femmes et leurs enfants, de bonnes têtes stupides qui viennent pour voir. Aux loges, des boulevardiers; quelques artistes, quelques filles de demi-choix; et, derrière nous, le plus drôle de mélange qui soit dans Paris... Il y a de tout, de toutes les castes, mais la crapule domine. Voici des employés, employés de banque, de magasin, de ministère, des reporters, des souteneurs, des officiers en bourgeois, des gommeux en habit, qui viennent de dîner au cabaret et qui sortent de l'Opéra avant d'entrer aux Italiens, et puis encore tout un monde d'hommes suspects qui défient l'analyse. Quant aux femmes, rien qu'une marque: la soupeuse de l'Américain, la fille à un ou deux louis qui guette l'étranger de cinq louis et prévient ses habitués quand elle est libre. On les connaît toutes depuis six ans; on les voit tous les soirs, toute l'année, aux mêmes endroits, sauf quand elles font une station hygiénique à Saint-Lazare ou à Lourcine.' aaaaaaa |  |

L'atmosphère qui règne aux Folies est tout à fait celle qu'à si bien décrite de Zola dans son roman 'Nana'.
Malheureusement, on ne sait pour quelle raison, Sari décida de changer de genre et de programmer des concerts de musique classique (Gounot, Massenet, Saint-Saèns, Delibes, furent ainsi les pensionnaires des Folies Bergère !) Pour faire bonne mesure il changea en même temps le nom de la salle qui devint le Concert de Paris.
Échec cuisant ! Désastre !
À peine un mois plus tard Sari, à demi ruiné, guetté par la faillite, revint à l'ancien genre.
Mais il avait une autre passion que le spectacle: le jeu ; ses dettes devinrent insupportables et il dut se résoudre à vendre à un couple de limonadiers marseillais: M. et Mme Allemand. aaaaaaa | |
Édouard Marchand: l'inventeur de la revue à grand spectacle |  |  |
 Précurseur du 'trust' théâtral les Allemand étaient déjà propriétaires de la Scala et négociaient, en même temps que celui des Folies Bergère, le rachat de l'Eldorado. Ces restaurateurs que rien ne prédisposait à diriger les trois plus importants music-halls parisiens eurent l'intelligence de se reposer sur Édouard Marchand qui venait d'épouser leur nièce. Découvreur des plus sensationnelles attractions du moment, on lui doit la venue à Paris des plus grandes stars de l'époque: les Frères Isola (illusionnistes), Nala Damajenti (charmeuse de serpents), la Troupe Zoulou (véritables Zoulous), la Famille Birmane, le Kangourou boxeur, les lutteurs de Stamboul, Tom Cannon (lutteur géant), Ira Paine (tireur américain), Jack de fer (hercule), Sampson (briseur de chaînes), le Capitaine Costenténus (tatoué de trois cent vingt figures d'animaux), les Scheffers (acrobates), Cinquévalli (roi des jongleurs), les Tableaux vivants du Palace-Théâtre de Londres, Little Titch (nain transformiste anglais), les Griffiths (clowns), Baggenssen (clown excentrique).
Il présenta aussi sur la scène des Folies de la plupart des vedettes de caf'conc': Paulus, Polin, Yvette Guilbert, Polaire et Gaby Deslys. |  |
C'est lui qui fut l'inventeur du genre 'revue de music-hall': le 30 novembre 1886 les Folies présentaient à leur public 'Place au jeûne' (et non pas Place aux jeunes !). Ce spectacle mêlait ballets ( avec la première apparition d'un groupe de girls -d'Europe centrale-) , attractions, tours de chant et intermèdes comiques. Les présentateurs qui assuraient le lien entre chaque numéro étaient baptisés 'compère et commère' et, à la manière de nos chansonniers d'aujourd'hui, passaient en revue l'actualité du moment en brocardant les hommes politiques. Marchand consacra un budget conséquent à ce nouveau genre de spectacle mais les 10 000 F de l'époque qu'il dépensa font sourire lorsqu'on songe aux millions de francs, puis aux millions d'euros investis dans une revue au siècle suivant ! Il n'en reste pas moins que la petite histoire raconte que, lorsqu'elle en sut le prix Mme Allemand tomba malade.
Avec les bénéfices générés par leur théâtre, les Allemand financèrent d'importants travaux: ils firent installer des ventilateurs pour le confort du public, mais, surtout, pour pouvoir accueillir plus de spectateurs, ils firent rehausser la salle de 10 mètres pour rajouter un étage supplémentaire. |  |
 Peu à peu, le genre trouva son vocabulaire et Marchand eut l'idée de faire venir en France une troupe de girls: les Sisters Barrison. 'Leurs galants exercices exécutés chaque soir aux Folies Bergère attirent la foule. Qu'aime-t-on le plus en elles ? L'or pâle de leurs chevelures, la souplesse de leur taille, la neige de leurs dents, le carmin de leurs sourires, la fraîcheur un peu acide de leurs voix, leurs jambes frêles, le bouillonnement capiteux de leurs dessous ruchés et enrubannés ? Ce charme ne s'explique pas. On le subit.' (A. Brisson). aaaaaaa |  |
 Les ballets étaient la spécialité des Folies, la majorité sur des arguments de 'Mariquita' géniale maîtresse de ballet d'origine maghrébine. ' Elle connaissait les danses de toutes les époques et de tous les pays. Où les avait-elle apprises ? Elle ne le savait pas. Qui était-elle ? Elle l'ignorait. Trouvée sur une route des environs d'Aumale, en Algérie, au bord d'une fontaine, comme Mélisande, elle avait été recueillie par une femme qui passait. Cette femme était danseuse, et la petite Marie sut danser avant que de savoir lire' (Albert Carré).
'Cette petite bonne femme imposait, en dépit de son exiguïté physique. Elle se tenait très droite, ne perdant pas un pouce de sa taille... Deux accessoires ne la quittaient jamais: son éventail et son face-à-main. L'éventail, elle le tenait continuellement de sa main droite: c'était son bâton de commandement' (Cléo de Mérode).
dessin de droite: Mariquita et Emilienne d'Alençon en répétitions | | L'ère des 'Cocottes'... |  |  Très vite Marchand comprit que 'la femme' était au coeur du concept qu'il voulait imposer aux Folies Bergère.
C'est ainsi qu'il présenta en vedette les 'cocottes' de la Belle Époque: la Cavaliéri, la Tortojada, la Belle Otéro, Liane de Pougy, Emilienne d'Alençon, Cleo de Mérode et Loiè Fuller, qui fut l'étoile des Folies pendant 10 ans.
Émilie André, dite Émilienne d'Alençon, née à Paris le 18 juillet 1869, est décédée à Nice en 1946. Elle fut inhumée à Paris, au Cimetière des Batignolles.
Elle fut d'abord entretenue par le duc Jacques d'Uzès, puis par Léopold II. Elle épousa, le célèbre jockey Percy Woodland. et Degas nous a laissé une photographie de Mme Woodland... (qu'il nomme Howdland).
On prête à Émilienne d'Alençon une liaison avec la poétesse Renée Vivien, vers 1908. aaaaaaa |  |
 Liane de Pougy
Née d'un père officier et d'une mère de bonne noblesse terrienne, Anne-Marie Chassaigne reçut une éducation religieuse au couvent de Sainte-Anne-d'Auray Morbihan et fut mariée à seize ans à un homme brutal, le lieutenant de vaisseau Henri Pourpre, dont les coups lui laissèrent des cicatrices qu'elle conserva toute sa vie. Selon certaines sources, il alla même jusqu'à tirer sur elle avec son pistolet. Elle lui donna un fils, le pilote Marc Pourpre, qui tomba pendant la Première Guerre Mondiale en 1916 et, après deux ans de mauvais traitements, elle s'enfuit pour Paris où elle arriva à dix-huit ans et divorça, au scandale de sa famille.
Elle rencontra l'auteur dramatique Henri Meilhac qui tomba sous le charme et la lança dans le monde du théâtre en la faisant engager aux Folies Bergère. Elle prit des leçons de danse sous la direction de Mariquita et, sous le pseudonyme de Liane de Pougy, elle entreprit une carrière de danseuse de cabaret et se lança dans la courtisanerie. Ouvertement bisexuelle, elle eut des amants et des amantes des deux sexes qui la couvrirent de bijoux et lui offrirent des équipages et tout ce qui était nécessaire à la vie d'une courtisane d'alors. Source: Encyclopedie Wikipedia |  |
Sa rivalité avec la Belle Otero contribua à la célébrité de l'une comme de l'autre.
' Un soir, La belle Otero, pour éclipser Liane de Pougy, la rivale qu'elle jalousait, décida d'apparaître au théâtre dans un boléro constellé de diamants.
Mais la femme qu'elle jalousait, avertie de l'exhibition qui se préparait, arriva, les bras, le cou, les épaules et les mains absolument nus.
Quand elle fut dans sa loge, qui faisait face à celle de Caroline Otero, on put voir qu'elle était suivie de sa femme de chambre qui, elle, était parée de tous ses bijoux.' (André de Fouquières).
A la fin de sa vie, retirée dans un couvent en Suisse, elle attaqua en diffamation Simone de Beauvoir, pour l'avoir traitée de 'grande hétaïre' dans son livre Le troisème sexe. Elle eut droit au franc symbolique de dommages et intérêts… |  |
 La belle OTERO
Née dans une famille misérable d'un petit village de Galice, Puente de Valga, Caroline Otero est, dit-on, violée à onze ans, ce qui l'aurait rendue stérile, et chassée de la maison familiale par sa mère alors qu'elle n'a encore que douze ans. Elle débuta dans les cabarets de Barcelone puis vint à Paris où elle se produisit au Grand Véfour ou au Cirque d'été.
En 1890, elle fit une tournée triomphale aux États-Unis. Revenue à Paris en 1892, elle était désormais lancée, se faisant une spécialité des rôles de belle étrangère aux Folies Bergère… Elle portait des tenues de scènes somptueuses, où les joyaux authentiques mettaient en valeur ses seins, qui furent si célèbres qu'on prétend que les coupoles de l'Hôtel Carlton à Cannes avaient été basées sur leur moulage ! Elle fit plusieurs tournées en Europe, en Amérique et en Russie.
Elle devint l'amie de Colette et l'une des courtisanes les plus en vue de la Belle Époque, avec la Carmencita, espagnole comme elle, ou encore Liane de Pougy, Cléo de Mérode et Émilienne d'Alençon. Source: Encyclopedie Wikipedia aaaaaaa |  |
 Elle séduisit des rois – Édouard VII du Royaume-Uni, Léopold II de Belgique – des aristocrates russes ou britanniques (le duc de Westminster, le grand-duc Nicolas de Russie), des financiers, des écrivains, comme Gabriele d'Annunzio, des ministres comme Aristide Briand qui fut longtemps son amant. Elle fit tourner bien des têtes et fut à l'origine de plusieurs duels et de six suicides.
Pendant la Première Guerre mondiale, elle se produisit pour soutenir le moral des soldats français. Puis, en 1915, à 46 ans, encore belle et au sommet de sa gloire, elle décide de se retirer de la vie publique et s'installe à Nice.
Elle se ruine au jeu sur les tapis verts de la Côte d'Azur en y laissant 68 000 millions de pesetas, un yacht, une île, un collier de perles noires de 2 kilos qui avait appartenu à Eugénie de Montijo ...et quelques autres babioles.
Elle meurt à Nice le 10 avril 1965 à l'âge de 97 ans dans l’oubli et la misère. aaaaaaa |  |
| L’avènement de l’éclairage électrique et l'imagination créatrice de Fuller |  |  |
LA LOIE FULLER
Loie Fuller fut l'étoile des Folies pendant 10 ans.
Mary Louise Fuller, dite Loïe Fuller, est une danseuse américaine, célèbre pour les voiles qu'elle faisait tournoyer dans ses chorégraphies.
Elle est née en llinois le 15 janvier 1862 et morte à Paris le 1er janvier 1928.
Selon une des versions de sa légendaire ascension vers la gloire, c’est en tant que comédienne de revue qu’elle aurait découvert sa vocation à New York en 1889, grâce à un costume trop grand : soucieuse de ne pas trébucher sur sa longue chemise de soie blanche, elle improvise de grands mouvements et le public réagit spontanément en s’écriant « Un papillon !... Une orchidée !... ».
C'est à Paris qu'elle rajouta la lumière de couleur dans son nuiméro. Elle fit fureur tant dans les milieux intellectuels que dans les milieux populaires. Simplement vêtue de grands voiles blancs, elle dansait éclairée par des projecteurs multicolores. Elle eut, paraît-il, l'idée de colorer la lumière dans son numéro alors que, vêtue d'une robe blanche, elle priait à Notre-Dame de Paris et qu'un rayon de soleil, traversant un vitrail, dessina une mosaïque sur sa robe.
Sa première chorégraphie, la Danse serpentine, créée en 1892, connut un succès tel que de nombreuses imitatrices se l’approprièrent aussitôt. Bon nombre des premières séquences d’images filmées les présentent.
Dès ses débuts parisiens aux Folies Bergère, elle devient l’une des artistes les plus importantes et les mieux payées dans le monde du spectacle. Par sa liberté d’invention, elle est la première à réaliser des scénographies d’un genre dont les grands théoriciens de la scène moderne, Edouard Gordon Craig et Adolphe Appia, avaient rêvé, qui considéraient la lumière comme un élément fondamental de la représentation. L’avènement de l’éclairage électrique et l'imagination créatrice de Fuller suscitent une révolution dans les arts de la scène. (en italique : encyclopedie Wikipedia)
Elle mourût à 59 ans oubliée et misérable. |  |
Des frères Isola à Clement Banel: la revue atteint sa majorité. |  |  |
 En 1902, Lemarchand, trés malade, dut se résoudre à vendre les Folies. Bien qu'il il ne reste que trois ans de bail à courir, il céda (à un très bon prix) le fond de commerce à deux frères qui avaient connu la gloire comme illusionnistes et qu'il avait d'ailleurs engagé sur cette même scène en 1886: Émile et Vincent Isola.
Célébrité quand tu nous tiens…, la gloire et la vogue des Folies eurent pour effet de convaincre ni plus ni moins que le Président du Conseil de l'époque, M. Waldeck Rousseau, d'intervenir auprès du propriétaire (l'hospice des quinze vingts à qui le moine paillard avait légué son terrain au XVIe siècle) de consentir un nouveau bail aux frères Isola.
Après avoir parcouru le monde avec leur numéro d'illusionnistes, ils comprirent qu'il ne fallait pas changer le genre des Folies. Ils continuèrent à présenter des attractions extraordinaires: le géant Machnow (2,85 mètres de hauteur) ; la troupe Price (équilibristes) ; Woodson Wilworth et ses phoques jongleurs ; Mauricia de Tierre, première femme à 'boucler la boucle' en auto ; Rigo et son orchestre tzigane. aaaaaaa |  |
 En hommes de spectacle avisés, ils firent progresser le concept de Marchand en supprimant le compère et la commère et en mêlant plus de chanteurs, danseurs, numéros visuels et curiosités dans un seul et luxueux spectacle.
La revue de music-hall trouva définitivement sa place dans le coeur du public et les Folies Bergère en étaient définitivement devenues le temple.
Tout en exploitant les Folies, les Isola avait racheté l'Olympia et le Parisiana, mais, pour racheter la Gaîté lyrique, ils mirent leurs trois salles en gérance. De 1905 à 1908 Paul Ruez et Clément Banel se succédèrent au 32 rue Richer.
C'est à cette époque (1907) que se produisit sur la scène des Folies la Fred Karno Company, une célèbre troupe de mimes anglais dans laquelle on pouvait voir un jeune homme qui faisait déjà rire les foules: Charles Chaplin ! |  |
 En juin 1908 Clément Banel devint définitivement directeur des Folies et engagea dès l'année suivante (et pour trois saisons consécutives) un jeune chanteur déjà très populaire malgré ses 21 ans: Maurice Chevalier. 'La direction m'avait offert de passer un tour de chant dans le spectacle d'attractions qui ferait l'ouverture de la saison, avant la grande revue d'hiver. Incommensurable honneur, car on ne prenait jamais de chanteurs français aux Folies Bergère. On faisait exception pour moi à cause de mon genre particulier où la danse et le sport agrémentaient les chansonnettes' (Maurice Chevalier, Ma route et mes chansons).
Malheureusement la critique fut terrible: 'D'où sort cette espèce d'escogriffe lâché sur la scène de notre premier music-hall ? Qui a engagé ce laborieux et pénible comique pour paraître ainsi au centre de numéros de premier ordre ? Et d'une vulgarité en plus de tout cela !...' Le Figaro, Fernand Nozière.
Cela n'empêcha pas Banel de garder Chevalier et d'engager à ses côtés une jeune chanteuse débutante: Yvonne Printemps. 'C'était une gamine, encore toute la disgrâce de l'âge ingrat: maigre comme un jeune chat de gouttière, un gros nez, une grande bouche avec de jolies dents, par dessus tout des yeux câlins et charmants. Enfin, elle avait déjà cette voix incomparable' (Jacques Charles). aaaaaaa |  |
 Deux ans plus tard, en 1911, c'est Mistinguett qui fut engagée pour mener la revue.
Dans un tableau intitulé 'La valse renversante' elle avait comme partenaire Maurice Chevalier et, tout en dansant, le couple s'enroulait dans un tapis.
'Un beau jour, au cours d'une répétition de notre danse, lorsque Miss collée à moi nous nous enroulâmes dans le tapis, nous nous trouvâmes, tout naturellement et sans parler, nous avouer l'un à l'autre de la manière la plus précise qu'il n'y avait pas besoin de chercher l'amour ailleurs. Le déroulement et la sortie du tapis se firent beaucoup plus lentement qu'à l'habitude, mais personne, ce jour-là du moins, ne soupçonna que le couple Mistinguett-Chevalier venait de conclure l'entente d'un beau et long voyage' (Maurice Chevalier). |  |
En 1912 Mistinguett et Maurice Chevalier furent une nouvelle fois à l'affiche des Folies, puis leur succédèrent des comiques venus du caf'conc' comme Claudius ou Dorville et un jeune débutant qui venait de la Cigale: Raimu.
Du 3 août 1914 jusqu'au mois de février 1915 les Folies furent fermées pour cause de guerre. Pendant la guerre, Bannel ne pouvant plus assurer la direction, c'est Charles Aumont qui effectua un bref intérim; mais à son retour son commanditaire, Jules Dumien, le trouvant trop vieux pour diriger les Folies, préféra confier le théâtre à Raphaël Beretta et Léon Volterra. aaaaaaa |  |
Après quelques revues à la gloire 'des valeureux poilus de la guerre' et le retour de Mistinguett 'en solo' (1916) ou avec Maurice Chevalier (mars 1917). En 1917 toujours, Gaby Deslys (ci-contre) est la vedette de 'Jazz Band' et elle est la première à descendre le célèbre escalier avec son partenaire : Harry Pilcer.
Mais des dissensions au sein de l'équipe de direction virent le jour et Volterra préféra quitter les Folies pour partir au Casino de Paris. Beretta, resté seul, se mit en quête d'un directeur artistique, et engagea Paul Derval.
Une nouvelle ère commençait pour les Folies Bergère et Paul Derval allait définitivement marquer de son empreinte l'histoire de la revue. | Paul Derval: le Maître des Folies |  |  |
Alexis Pitron d'Obigny de Ferrière dit Paul Derval avait été acteur et avait très vite compris que la modestie des rôles qu'on lui proposait ne lui permettrait pas de faire une grande carrière de comédien. Il monta donc sa propre entreprise de tournées qu'il gérait de façon magistrale.
Très vite, Jules Dumien fut conquis par la maîtrise et le sens du spectacle dont faisait preuve Derval. Il renvoya Beretta et confia à son nouveau directeur la mission de concurrencer le Casino de Paris où Volterra attirait un public de plus en plus nombreux.
Son expérience du théâtre permit à Paul Derval de mettre très vite en place ce que nous appellerions aujourd'hui un plan marketing: faire 'écrire' et mettre en scène ses revues par les meilleurs faiseurs du moment. Dans le même temps, concentrer tous ses efforts non plus seulement sur l'engagement de vedettes et d'attractions mais aussi sur le faste et le luxe des productions.
Désormais ses revues devraient proposer aux spectateurs une débauche de costumes, de décors, d'effets de mise en scène pour mettre en valeur sa troupe qui serait composée de girls anglaises à la discipline de fer et de 'petites femmes nues'.
Pour Derval les petites femmes nues seront la marque de fabrique des Folies. 'Ah, ces femmes nues, dira-t-il plus tard, si je m'avisais de les supprimer, je n'aurais plus qu'à fermer la boutique...'.
Profondément superstitieux il décida aussi que tous les titres des revues présentées aux Folies devraient comporter 13 lettres ainsi que le mot 'folie' au singulier au pluriel.
Dans le contexte des Années 20 et du début des Années Folles, la mise en application de tous ces éléments ouvre à Paul Derval la voie du triomphe. Le public est au rendez-vous et il adore cette profusion de décors, costumes, d'effets de mise en scène, de danseuses et surtout… de femmes nues. Derval se moque des critiques et des grincheux ('Mais enfin, jusqu'où prétend-on aller dans cette voie ? Une revue sans femmes nues aurait maintenant au moins une chance de paraître originale' Gustave Fréjaville).
Tout au long de sa carrière, les effets de mise en scène et les 'trucs' comme il les appelait, seront une préoccupation majeure de Derval. En 1922 il utilise le cinéma comme effet de mise en scène et la meneuse de revue, Jenny Golder, sortait littéralement de l'écran en le crevant. |  |
| Erté... le prince du music-hall... et de la mode |  |  Pour marquer encore plus ses revues de l'empreinte de l'Art Déco et des Années Folles, Derval collabore régulièrement avec Ertè.
'Erté a vraiment su résumer la démesure des Folies. Tout est inscrit en filigranes: la folie, le monstrueux, le magnifique, et cet aspect grandiose qui sera repris d'une certaine manière par Hollywood. (Alfredo Arias) aaaaaaa |  |
Erté est d'origine russe et, si parisien que soit son art, il porte profondément l'empreinte de son pays natal. Il évoque les dômes étincelants, les tapis bariolés, les icônes ruisselantes de bijoux et les peintures hiératiques au regard immobile ; un mélange capiteux de luxe et de barbarie, un goût pour les couleures ardentes qui fait pressentir l'Orient, la terre des mythes et des prodiges. L'Art d'Erté est d'une richesse extrême. Il succombe sous les ornements et fait rêver à cette héroïne anéantie sous le poids des bijoux... Toutes les compositions de Erté ne forment-elles pas comme les feuilles diverses d'un précieux missel païen, dédié au plaisir et à la fantaisie (Georges Barbier).
Une trentaine d'années plus tard, en 1974, Ertè, offrira à son amie Hélène Martini, devenue Directrice des Folies, sa première affiche.
Souvenir de ce jour de 1962, aux Folies Pigalle où leur rencontre pour TWIST APPEAL avait marqué pour cet artiste, quasiment oublié, le début d'une seconde jeunesse et d'une seconde carrière qui s'est achevée en pleine adolescence à quatre-vingt-dix-sept ans, après avoir été exposé au Metropolitan Muséum de New York et dessiné costumes et décors pour Broadway, Hollywood pour tous les grands Opéras du monde. |  |
 Poursuivant sa course et démontrant de plus en plus son sens inné du spectacle, Derval engage en 1926, la 'Perle noire': Joséphine Baker, tout droit revenue de la tournée de la Revue Nègre où elle passait en première partie, dansant tout simplement vêtue de sa célèbre ceinture de bananes. Il en fait la vedette de sa nouvelle ' Hyper Revue' La Folie du jour... dont elle terrorise la troupe et l'orchestre avec son guépard apprivoisé.
Le scandale faisant place à l’engouement général, elle devient l’égérie des cubistes qui vénèrent son style et ses formes, suscitant l’enthousiasme des Parisiens pour le jazz et les musiques noires. (Encyclopédie Wikipedia)
Comme le Tout-Paris, Derval est tombé en extase devant 'cette merveilleuse jeune fille, bâtie comme un Tanagra, qui mettait le feu aux planches'. Toujours aussi inventif il créée pour elle un nouvel effet de mise en scène qu'il décrit dans ses mémoires: 'Une immense boule, couverte de fleurs, descendait du cintre lentement et venait se poser au milieu des musiciens. La boule fleurie s'ouvrait en deux: Joséphine apparaissait alors presque nue, sur un miroir. Elle dansait, puis la boule se refermait à nouveau sur la glace et les câbles d'acier la remontaient lentement dans la coupole du théâtre' (P. Derval, Folies Bergère). aaaaaaa |  |
 Pendant que Joséphine triomphe tous les soirs, Derval décide, à son tour, d'entamer d'importants travaux et bouleverse définitivement l'architecture et la décoration des Folies. Pendant 16 mois, et sans annuler une seule représentation, sous la direction des architectes Piollenc et Morice, il fait créer un nouveau balcon dans la salle qui passe de 930 places à 1679 places. Sous le grand foyer qui avait pris définitivement la place du jardin d'hiver ont creusa pour ouvrir une salle de 300 places destinée à permettre au public d'admirer pendant l'entracte des danseuses qui présentaient des danses orientales que l'époque coloniale avait mises à la mode. Enfin, il fit aménager des vestiaires, des salles de repos, des salles de correspondance et, summum de la modernité, des cabines téléphoniques.
La façade construite par Sari en 1872 fut, elle aussi, mise au goût du jour. À l'architecture typiquement XIXe, avec ses chapiteaux sculptés, ses verrières, ses colonnes et ses carreaux en croisillons, succéda la magnifique fresque Art Déco du sculpteur Pico, aujourd'hui inscrite à l'inventaire des monuments historiques. |  |
 Pendant toute la durée des travaux, Derval, en gestionnaire avisé, continua à jouer tous les soirs:
'Ce fut une belle gageure. J'avais décidé de créer un deuxième balcon, de refaire les murs, les plafonds, les fondations elles-mêmes... tout cela sans interrompre les représentations. On voit au music-hall des numéros d'illusionnistes qui manipulent des boîtes s'insérant l'une dans l'autre. Ce fut exactement le procédé employé pour la réfection des Folies. Bien avant l'intervention du mot 'préfabriqué', un nouveau hall et une nouvelle salle furent construit en atelier: on les apporta morceau par morceau pour couvrir les anciens murs de l'ancienne galerie. Pour la façade, nous changeâmes de méthode: un mur fut construit à l'intérieur du théâtre, puis, celui-ci terminé, on détruisit l'ancienne façade. On bâtit alors celle qui devait la remplacer et il ne resta plus qu'à supprimer le mur provisoire.'
(P. Derval, Folies Bergère).
Tout ceci n'empêcha pas Derval de permettre aux dames de petite vertu de continuer à 'faire leurs affaires'. aaaaaaa |  |
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La salle et ses trois étages rénovés par Derval telle qu'elle est conservée aujourdhui |  Coup de maître pour Derval, tant les intellectuels que le public populaire courut aux Folies.
Et, colportée dans le monde entier par les étrangers venus à Paris attirés par les fêtes des Années Folles la gloire des Folies Bergère commença à se répandre dans le monde entier.
J'erre souvent dans le hall en tendant l'oreille pour surprendre les commentaires. Huit fois sur dix, je n'y comprends rien, car les gens que j'épie parlent une langue étrangère. Si, à l'entrée, on exigeait un acte de naissance d'une coimmune de France, mes recettes tomberaient... (Paul Derval) |  |
 En 1933, c'est le retour de Mistinguett dans Folies en Folie. Elle n'y était pas revenue depuis 16 ans:
'Elle est propriété nationale. A-t-elle encore cette année sa démarche qui rappelle celle de Réjane, ses prunelles couleur de fleur de chicorée, ses longues jambes, sa denture inattaquable, son gai sourire et son regard sentimentale ?' (Colette, Le Matin).
Pour son retour Derval lui fait écrire une nouvelle chanson: 'Oui, c'est moi, me r'voilà, je m'ramène', qu'elle chante en descendant le grand escalier. Et tous les soirs lorsque la Miss est au milieu de sa descente, l'orchestre est obligé de faire une pause pour permettre au public de lui faire une formidable ovation !
A cette éblouissante entrée, succède celle de son partenaire, Fernandel, seul, malheureux, sur la plus haute marche d'un escalier qui n'en compte que... trois! aaaaaaa | |
1936: le retour de Joséphine et l'entrée de Michel Gyarmathy... |  |  En 1936, Derval fit revenir de New York sa chère Joséphine pour mener ' En Super Folies'.
C'est un jeune hongrois, Michel Gyarmathy tout fraîchement débarqué de son Balasagyarmath natal qui en dessina l'affiche. (ci-contre)
Apres des études aux Beaux Arts de Budapest, il débarque à Paris, persuadé qu'il va conquérir Paris. Il va très vite déchanter…
Tel Rastignac et son 'à nous deux Paris', tout droit descendu du train à la garde l'Est il va battre pendant 3 ans le pavé du Paris d'avant-guerre.
Un soir, il réussit à s'offrir un billet pour TABARIN. Coup de foudre ! Il sera décorateur de revues!
À peine rentré dans sa chambre d'hôtel il passe sa nuit à dessiner des maquettes de décors et costumes.
Dès le lendemain, farouchement décidé à travailler pour Paul Derval, il cherche par tous les moyens à le rencontrer pour lui montrer ses maquettes.
Mais Derval s'obstine à refuser de le recevoir. aaaaaaa |  |

De guerre lasse, et avec l'obstination de ses 25 ans, Gyarmathy s'arme d'une grosse boîte de craies de couleurs et s'installe sur le trottoir, devant l'entrée des artistes pour y dessiner la maquette d'un tableau représentant les amours de Manon Lescaut et du Chevalier des Grieux…que Derval pourrait voir en entrant dans son théâtre.
Mais un orage efface son œuvre….Qu'a cela ne tienne, il revient le lendemain et recommence à dessiner !
Descendant de sa voiture, Derval, ne pouvant faire autrement, regarda alternativement le dessin sur le trottoir et son auteur, lui demanda: c'est vous qui avez dessiné ça? et bien nettoyez le trottoir... et revenez me voir demain, avec la même chose sur une feuille de papier!
Et c'est ainsi que commença une longue histoire d'amour entre Michel Gyarmathy, Paris, les Folies Bergère et le public du monde entier.
Elle durera 56 ans !
'Michel Gyarmathy est l'incarnation parfaite du music-hall. De ses origines hongroises, il conserbe le rythme inspiré par les tzyganes, mais aussi soutenu par les souvenirs de frantz Lehar et de Bela Bartok. De sa conquête parisienne, patiente, tenace, laborieuse, il incarne l'esprit de fête, de luxe, de beauté en un style unique au monde'
Jacques Crépineau aaaaaaa |  |
 Depuis sa première aux Folies en 1927, Joséphine était devenue une star incontournable. Si les quelques films qu'elle tourna ne rencontrent pas le succès espéré, elle triompha cependant dans la chanson avec son célèbre J'ai deux amours... que Vincent Scotto écrivit pour elle en 1931. Mais c'est surtout au music-hall, en meneuse de revue que le public adore la voir. Mistinguett ne s'y trompait pas, qui voyait en elle sa principale rivale ! Jusqu'à la fin de sa vie, elle feignit de ne pas se souvenir de son nom:... comment s'appelle-t-elle déjà cette négresse qui danse avec ses bananes...?
En 1938, ce fut Rita Georg qui mena la revue, suivie en 1939 par Jeanne Aubert.
14 juin 1940: les Allemands occupent Paris. Paul Derval décide de fermer les Folies, et, accompagné de son épouse Antonia, se réfugient en Normandie, pendant que Michel Gyarmathy, de confession juive, quitte son appartement pour se cacher dans celui des Derval.
Les Allemands, mécontents de la fermeture des Folies, imposent leur réouverture et la troupe remonte à la hâte et à la vaille que vaille une revue 'à l'économie'. Les machinistes et les techniciens étant soit partis au front, soit entrés dans la résistance, c'est sur l'escalier du grand foyer, et avec très peu d'éclairages à cause des restrictions que cette nouvelle 'revue' est jouée à partir du 31 juillet 1940. Est-il besoin de dire que cette revue, sauf peut-être par son côté 'bricolage', ne marquera pas l'histoire des Folies !
Ce n'est qu'après de multiples tractations et démarches que les Derval obtiennent l'autorisation de revenir à Paris pour diriger leur théâtre, à une seule condition: présenter de véritables revues. Avec l'aide de Michel Gyarmathy (toujours caché pour cause d'antisémitisme) quatre revues seront présentées pendant la guerre. À l'affiche: Reine Paulet, Viviane Gosset et Claudette Fleuriot qui, entrée aux Folies comme simple danseuse dans le ballet, était maintenant en haut de l'affiche.
En 1945 c'est La Folie du Rythme qui est à l'affiche, avec en vedette Charles Trenet dans son tour de chant. |  |
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Détail de la coupole du théâtre rénovée par Paul Derval telle qu'on peut encore la voir aujourdhui | Insérez votre texte ici...aaaaaaa |  |
 1949: le retour de Joséphine Baker qui n'a pas perdu son temps pendant la guerre. 'Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, elle se mobilise pour la Croix-Rouge. Elle participe aussi à des actes de résistance. Sa popularité était telle que Göring, dit-on, n’osant l’arrêter, la fit inviter à un dîner-spectacle où l'on tenta de l'empoisonner. Voyant sa vie menacée dans la France occupée, elle s’enfuit et gagne le Maroc où elle se met à la disposition des services de renseignements de la France libre. Elle s’acquitte de missions importantes. A la Libération, elle poursuit ses activités pour la Croix Rouge, et chante pour les soldats et résistants près du front. Ses activités durant la guerre lui vaudront la Légion d’honneur après les hostilités. D’autres artistes comme Mistinguett, Maurice Chevalier ou Arletty se verront reprocher une attitude plus ambiguë…' Encyclopédie Wikipedia.
Avec Féerie Folies, 'l'impératrice Joséphine' fait ses adieux à la scène qui avait fait d'elle l'une des reines les plus adorées du music-hall. Elle a 43 ans, son talent et son charisme, parfaitement mis en valeur par Michel Gyarmathy, opèrent toujours sur le public qui lui fait un triomphe.
En 1952 Derval et Gyarmathy deviennent les Pygmalions d'une nouvelle star 'maison': Yvonne Ménard. Engagée comme mannequin nu, ils lui feront gravir tous les échelons de la hiérarchie Folies. Un vrai titi parisien dans un corps de Tanagra qui sera l'une des meneuses fétiches du 32 rue Richer.
Vinrent ensuite Nita Raya (ex partenaire et compagne de Maurice Chevalier) puis Franca Duval et Marlène Charrel, mais, à près de 80 ans, Paul Derval n'a plus l'énergie dont il avait fait preuve dans les années 20 et sa clairvoyance s'émousse. La créativité et l'inventivité de Gyarmathy s'essouflent,. La presse est de moins en moins tendre avec eux. 'Il est à craindre que si Paul Derval ne se décide pas à engager un auteur, un metteur en scène et un chorégraphe - M. Gyarmathy n'est rien de tout cela - les Folies Bergère ne finissent par perdre de leur prestige.... On aurait pourtant aimé que le ton fut rehaussé par une vedette ou par une grande attraction nouvelle ' Maurice Rapin - Le Figaro.
C'est le 20 mai 1966 que seront célébrées les obsèques de Mr Derval en la chapelle de Saint-Honoré d'Eylau. Il avait 86 ans et pendant 48 ans il avait régné sans partage sur le plus célèbre music-hall du monde.
Son épouse, Antonia, s'appuyant sur Michel Gyarmathy et son administratrice Maryse Cournil, lui succéda. Mais la sublime 'Usine à rêves' était essoufflée. 'Et vive la folie', revue rétrospective produite à l'occasion du centenaire de l'ouverture des Folies, dont les seules vedettes étaient les tonnes de plume, de décors, de costumes, de broderies et de paillettes, ne sonna pas l'heure d'une nouvelle ère.
Avec 'J'Aime à la Folie', menée par Liliane Montevechi se termine plus d'un demi-siècle de direction des Derval. aaaaaaa |  |
Août 1974: avec Hélène Martini, l'impératrice de la nuit, une cure de jouvence pour les Folies ! |  |  Mme veuve Derval transmit ses pouvoirs à Hélène Martini en août 1974 ; vingt-cinq ans auparavant, elle avait été mannequin aux... Folies Bergère ! Cette nouvelle maîtresse des lieux, réunit les qualités propres à maintenir encore en activité le tout dernier music-hall de l'histoire, demeuré fidèle à la tradition.
Née au bord du Niémen d'un père français et d'une mère russe, HELENE MARTINI est nourrie dès sa plus tendre enfance des deux cultures. C'est avec BALZAC, ZOLA ou HUGO que son père lui apprend à lire... et c'est à travers GOGOL ou DOSTOIEWSKI que sa mère, née dans ce qui n'était pas encore l'Union soviétique, lui fait découvrir l'âme slave.
La guerre vient briser son enfance. Son destin bascule.
Désormais elle doit apprendre à se suffire à elle-même. Son adolescence a été forgée par la guerre. Sa vie de femme va commencer. Elle décide de la faire dans le pays de son père. aaaaaaa |  |
1945: Elle arrive en FRANCE. Elle découvre le Paris de l'après-guerre et goûte aux plaisirs de la liberté retrouvée.
1948: Un pari avec une amie l'amène à passer une audition aux... FOLIES BERGERE... Elle est engagée dans la troupe comme 'mannequin habillé' ! Quelques semaines plus tard, dans une librairie, elle rencontre un monsieur qui semble partager ses goûts en matière de littérature... Le soir même il vient la voir aux FOLIES. Ils ne se quitteront plus et il lui demandera de devenir Madame MARTINI.
Dés le début des années 50, ils partent à la conquête du Paris des spectacles en ouvrant peu à peu des théâtres et des cabarets où ils présenteront les plus grandes vedettes de l'époque... de Joséphine BAKER à Jacques BREL, d'Edith PIAF à POIRET et SERRAULT (qui ne sont pas encore les auteurs de 'la Cage aux Folles' mais qui en ont le talent). Sa passion du travail bien fait qui n'a d'égal que son instinct du spectacle la conduira à devenir l'amie des plus grands artistes à qui elle confiera ses spectacles: ERTE, son ami de toujours, fera les décors et costumes de ses revues, Jacques CHARRON oubliera pour un temps la COMEDIE FRANCAISE pour faire des mises en scène de comédies musicales écrites par Charles AZNAVOUR ; Nicolas BATAILLE passera de Ionesco aux revues décorées par ERTE ; Pierre PORTE à qui elle sera la première à confier la musique originale d'une revue ; Per SPOOK son ami et couturier pour le travail duquel elle a une telle passion qu'elle n'a jamais, pendant plus de 30 ans, été habillée par un autre couturier.
1952: Après Les Ambassadeurs, sur les Champs Elysées, où ils présentent Joséphine BAKER, les époux MARTINI partent aux Etats Unis où ils ouvrent le French Casino et montent des spectacles avec Franck SINATRA. Avec eux, Sugar RAY ROBINSON monte pour la première fois sur une scène de théâtre.
1955: Retour à PARIS, où naît le nouveau cabaret du MOULIN ROUGE. Hélène MARTINI y présente Charles TRENET dans une revue où les costumes sont signés ERTE.
1956: Ouverture sur les Champs Elysées du DRAP D'OR ou pendant 10 ans les plus grandes stars vont se produire: Edith PIAF, Jacques BREL, Raymond DEVOS, POIRET et SERRAULT, Léo FERRE, Enrico MACIAS, LES FRERES JACQUES.
1957: Ses goûts slaves la poussent à reprendre le plus ancien cabaret russe de Paris 'SHEHERAZADE', né lors de la visite de DIAGHILEV à Paris.
1959: Elle aborde sa 11ème année à Paris en prenant La direction du théâtre créé par OFFENBACH... le Théâtre des BOUFFES PARISIENS. Elle y fera jouer Marcel AYME, PEYREFITTE ou BARILLET et GREDY. Aux BOUFFES, les plus grandes vedettes du théâtre français vont triompher sous sa direction: Francis BLANCHE, Edwige FEUILLERE, Sophie DESMARET, Robert HIRSCH, Jacqueline MAILLAN, Jean LE POULAIN. C'est aussi sous sa direction que seront créées des succès qui feront le tour du monde: FLEUR DE CACTUS, PIEGE POUR UN HOMME SEUL, de Robert THOMAS, LE PLACARD de Arthur KOPIT... (l'auteur de NINE), FOLLE AMANDA et bien d'autres...
1960: La disparition de son mari qu'elle ne remplacera jamais 'car les vraies rencontres ne se produisent qu'une seule fois' la pousse à corps perdu dans la création de spectacles qui deviendront des modèles du genre et qui donneront un style à des générations entières...
1961: Elle découvre Nicolas BATAILLE qui présente chez elle revue 'FEMMES FEMMES'.
1962: Devant la qualité du travail de Nicolas BATAILLE, elle décide de monter aux FOLIES PIGALLE une revue dont il fera la mise en scèneet ERTE les décors et les costumes.. La vedette est confiée à VINCE TAYLOR. C'est la naissance de TWIST APPEAL. Le Tout-Paris de toutes les générations redécouvre Pigalle et va s'habiller à la mode de ERTE: cuir et bijoux !
Parallèlement, elle dirige un nouvel établissement qui lancera la mode 'discothèque': Le JAMES PALLADIUM ancêtre des grands du Disco !
1965: Avec son ami ERTE, elle rêve d'un cabaret 'à la russe' où ils pourraient boire un thé en écoutant la musique qu'ils aiment. En une nuit tout est créé: look, maquettes, les invitations sont lancées... et plus de 2000 personnes se présenteront pour répondre aux 400 invitations. RASPOUTINE est né sur les Champs Elysées.
1970: Elle dirige un nouveau théâtre: le Théâtre MOGADOR et présente des comédies musicales. Ce sera HELLO DOLLY avec Annie CORDY et MONSIEUR POMPADOUR avec Jean RICHARD) Ses auteurs favoris s'appellent Charles AZNAVOUR et Georges GAVARENTZ, Françoise DORIN, Claude BOLLING….
1974: Elle réalise un des vœux de son mari: …diriger les FOLIES BERGERE.. Etrange destin que celui de cette adolescente qui, arrivant à Paris totalement démunie deviendra la directrice de ce théâtre mythique où elle avait gagné ses premiers cachets. Dés le début de sa direction des FOLIES BERGERE, elle cesse presque toutes ses autres activités pour se consacrer à ce théâtre dont elle affirme contre vents et marées la vocation: Etre et rester le plus célèbre music-hall du monde. | |