Gilles Arthur.
Le metteur en magie

" Je me fiche de la technique , Priorité a l'émotion. "

Les téléspectateurs connaissent bien Gilles Arthur. Depuis Les visiteurs du mercredi, où, sous l'œil de Patrick Sabatier, il présente sa toute première séquence de magie a l'age de 16 ans, jusqu'aux Mandrakes d'Or qu'il produit depuis 1992, en passant par Attention Magie, Magic-Magic ou Fort Boyard
où il a été le magicien de l'émission pendant dix ans, (" En tout, j'ai fait trois ans de prison a Fort Boyard!"), Gilles Arthur est un peu le " Monsieur Magie" du paysage audiovisuel français. Une place méritée.

C'est un véritable passionné, né a Gagny, qui a découvert sa vocation lors de l'anniversaire de son frère, animé par un magicien en blue-jean. " Ce jour-la, raconte Gilles Arthur, je me suis complètement projeté; ce type-la était moderne, branché, sans baguette magique ou chapeau claque. Je me suis mis a dévorer les livres de magie, j'ai adhéré a des associations, j'ai commence à fréquenter le Festival de la confrérie des sorciers, ou je me suis fait embaucher pour animer le hall d'entrée ".

Gilles Arthur travaille comme un fou. Il enchaîne les galas, les spectacles sous chapiteau ou dans les salles des fêtes ; il organise des ateliers magie gigantesques pour enfants, mais se produit aussi incognito dans les hôpitaux auprès des petits malades. Pas le temps de ronronner. Gilles Arthur déteste le déjà vu, il aime innover, favorise une approche théâtrale de la magie quand d'autres reproduisent sans fin les mêmes numéros.

Lucide, honnête, il dit:" Je suis un illusionniste, c'est-à-dire un acteur qui joue le rôle d'un magicien. Mais oui, quoi, nous n'avons aucun pouvoir!" As de la technique, roi du bidouillage et de la recherche, aide par des ingénieurs chimistes ou électroniciens, Gilles Arthur pratique tous les types de magie: l'ombromanie, le close-up, la magie générale, les manipulations ou la grande illusion (femme coupée en morceaux, lévitations, empalements....). II a même lance la " méga illusion " et fait léviter (mais oui!) l'Hôtel de ville de Gagny, en 1990, lors de la toute première édition de son festival Les Mandrakes d'Or, séquence diffusée par Patrick Sabatier. Malgré les prouesses techniques dont il est capable, Gilles Arthur tient a faire passer I'émotion avant tout.
" L'important, c'est d'emmener le public de l'autre coté du miroir, dans un irréel où il peut rêver. Sans chercher a piger le truc, a savoir comment ça marche. Apres tout, au cinéma, quelle importance y-a t'il pour le spectateur a savoir qu'ici, c'est un travelling et là une contre-plongée ? ".

Cela dit, Gilles Arthur sait bien qu'on ne peut pas empêcher les gens de chercher à comprendre. Alors, pour "Y a-t-il un magicien dans la salle ?", il s'est imposé des difficultés supplémentaires : il fait voler Viviane ; et la met dans une cage, pour bien prouver qu'elle n'est reliée a rien ! Pour la première fois, Gilles Arthur a dû entraîner des comédiens à pratiquer quelques " tours". " C'est juste un travail particulier, dit-il. De la précision et de la concentration. Une fois qu'ils savent le faire, il suffit de reproduire. Exactement comme quand on règle un numéro de danse à un chanteur. Le propre de la technique, c'est de se faire oublier. Pour laisser place à l'émotion "